Histoire
du musée

46_CP les peintures anciennes dans la tribune de la chapelle

Depuis le 12 décembre 2015, le Musée Unterlinden bénéficie d’un nouvel écrin réalisé par le cabinet d’architectes Herzog & de Meuron. L’ancien couvent rénové par les Monuments Historiques est dédié à l’art ancien et aux objets d’arts, le bâtiment contemporain est consacré aux collections d’art moderne et aux expositions temporaire et la galerie souterraine entre le couvent et l’édifice moderne présente un panorama de l’art du 19e et du début du 20e siècle.

Présentation du Musée Unterlinden (1853 – 2015)

L’extension du Musée Unterlinden réalisée par le cabinet Herzog & de Meuron, avec la construction d’un bâtiment résolument contemporain venant s’insérer dans l’architecture médiévale, est un épisode remarquable de l’histoire du Musée.

En parcourant le couvent et les collections du Musée, le visiteur perçoit les étapes successives d’une histoire de plus de 150 ans. Les murs et les œuvres sont les témoins du travail dynamique de la Société Schongauer, association qui gère depuis 1853 le Musée Unterlinden.

Le 3 avril 1853, le Musée Unterlinden ouvre officiellement ses portes. Outre la mosaïque du 3e siècle découverte à Bergheim en 1848 et les plâtres antiques, il présente des œuvres d’art telles que le Retable d’Issenheim de Grünewald et le Retable des dominicains de Martin Schongauer issus du séquestre révolutionnaire.

À son ouverture, le Musée est limité à l’espace de la chapelle où est présentée une grande partie des collections. Mais les oeuvres furent bien vite à l’étroit entre les hauts murs de la nef et finirent par occuper progressivement tout le couvent d’Unterlinden à partir de la seconde moitié du 20e siècle.

À fin du 19e siècle et au cours du 20e siècle sont créés de nouveaux aménagements muséographiques afin d’adapter les espaces à la présentation des œuvres d’art et au confort des visiteurs de plus en plus nombreux :

– création de la salle dite de la cheminée qui présentait les « curiosités alsaciennes »

– création de la salle Théophile Klem autour des œuvres de la collégiale Saint-Martin

– création de la salle Fleischhauer en hommage au président de la Société Schongauer qui était dévolue aux collections archéologiques

– une importante extension souterraine de 450 m2 est réalisée en 1973-1974 afin de permettre la présentation des collections d’art moderne.

À l’aube du 21e siècle, le Musée est à l’étroit dans les murs du couvent et doit, à l’occasion des expositions temporaires, reléguer les œuvres d’art moderne en réserves. La fermeture des bains municipaux en 2003 et leur affectation au Musée a permis d’envisager une extension ambitieuse avec un redéploiement complet des collections. Au terme d’un concours international d’architecture lancé en 2009, le cabinet bâlois Herzog & de Meuron est choisi pour mener à bien le chantier.

Pour le Musée Unterlinden, il a livré un projet à la fois architectural et muséographique tout en menant une réflexion sur sa dimension urbaine. L’idée maîtresse est de respecter l’histoire du couvent médiéval tout en lui adjoignant un bâtiment contemporain venant se greffer à l’arrière des bains municipaux, et relié par une galerie souterraine.

Les architectes ont créé une symétrie à l’arrière des bains municipaux en réalisant le nouveau bâtiment dont le volume répond à celui de la chapelle, alors que le jardin jouxtant les bains répond au jardin du cloître.

Le projet d’Herzog & de Meuron comprend également une dimension urbanistique visant à faire de l’espace entre les bains et le couvent, un lieu de vie et de passage dont l’attrait se voit renforcé par la réouverture du canal de la Sinn et le nouvel agencement de ses berges. Cet espace est ponctué d’une petite maison. Ouvrant par de grandes baies vitrées sur la galerie souterraine qui relie le couvent aux bains, elle joue un rôle essentiel de pivot dans la conception urbanistique du site. Les formes de ce petit édifice reprennent celles du bâtiment marquant l’entrée du Ackerhof, l’ancien corps de ferme du couvent.

Le dernier aspect de leur projet est le réaménagement muséographique qui vise à rendre une cohérence aux collections en exposant l’art ancien dans le couvent et l’art moderne dans la nouvelle aile tout en autorisant un doublement de la surface du Musée.