Vase chinois

Novateur tant dans les formes que dans les techniques, Théodore Deck est sans conteste le plus important céramiste
de la seconde moitié du xixe siècle. Originaire du sud de l’Alsace, son premier contact avec les terres, les émaux et les cuissons se fait auprès du poêlier Joseph Hugelin à Strasbourg en 1841. C’est avec son installation à Paris au début des années 1850 qu’il donne la pleine mesure de son talent de céramiste. Créant son propre atelier en 1856, il se fait connaître à la fois pour la qualité de ses réalisations et pour la profondeur de ses émaux colorés. Sous le Second Empire, Deck crée des céramiques inspirées de la Renaissance française ou teintées d’influences islamiques, imitant celles des ateliers d’Iznik. Il s’inspire aussi beaucoup des motifs asiatiques au moment où la Chine et le Japon s’ouvrent à l’Europe.
Ce petit vase est typique de la production courante de Deck :
il emprunte des références aux petits bronzes archaïques chinois, tant par sa forme renflée que par ses motifs. La panse est en effet ornée en relief de masques taotie, fréquents sur les bronzes chinois, qui représentent de façon stylisée un animal fantastique. Le col est délicatement souligné par un rang de feuilles exotiques stylisées.
Ce décor en léger relief est recouvert de l’émail bleu turquoise, le fameux « bleu Deck » qui a contribué à la célébrité de l’artiste.
Composé d’oxyde de cuivre, il a été posé sur un engobe blanc uniforme, permettant à Deck de mettre en valeur la  profondeur de l’émail.
Le céramiste est également reconnu pour la qualité de ses collaborations artistiques, notamment avec Ravier ou Steinheil.
En 1887, quatre ans seulement avant sa disparition, sa nomination comme administrateur de la manufacture de Sèvres vient couronner ses années de recherche et d’innovation.

Retour à votre sélection