Tête de dadophore

Un village disparu appelé Edenburg est signalé entre Biesheim et Kunheim sur la carte de Specklin en 1576. Il occupe l’emplacement d’un important site romain dont des vestiges conséquents sont encore bien visibles à la fin du xviiie siècle. Les trouvailles ponctuelles se multiplient au cours du xixe siècle et les premières fouilles sont entreprises à partir de 1960. Un vaste programme de recherches, lancé en 1998, a notamment permis de mettre au jour des vestiges sur plus de 25 hectares.
Un temple, découvert sur le site dès 1974, est identifié comme un sanctuaire dédié au dieu oriental Mithra. Ce culte à mystères s’est répandu à partir du IIe siècle dans tout l’Empire romain d’Occident, sous l’influence des marchands et surtout des légionnaires revenus d’Orient. Il est strictement réservé aux hommes et comporte sept degrés d’initiation.
Les cérémonies se déroulent dans un bâtiment généralement souterrain dont l’architecture est très codifiée avec une entrée ou pronaos et une partie réservée aux initiés (ou cella), qui est bordée par des banquettes en terre battue où prenaient place les fidèles pour des banquets cérémoniels. Au fond, comme dans tous les sanctuaires, se trouve une niche contenant un grand bas-relief où sont représentés des épisodes de la vie de Mithra encadrant la scène essentielle du culte, constituée par le dieu Mithra tuant un taureau dont le sang promet l’immortalité. De part et d’autre du dieu se dressent deux personnages qui portent des torches d’où leur nom de « dadophores ».
L’un lève sa torche vers le haut, symbole du soleil levant, donc de la vie, l’autre la tient vers le bas, symbole du soleil couchant,donc de la mort.
La tête en calcaire trouvée en 1974 dans les ruines du temple est bien identifiée comme celle d’un dadophore, caractérisée par sa coiffure bouclée sur le front et son couvre-chef conique en forme de bonnet phrygien.

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