Statuette de Mercure

Mercure est le dieu du commerce et de la médecine. La statuette représente le dieu debout, entièrement nu, légèrement déhanché, en appui sur la jambe droite tandis que la jambe gauche, en arrière, est ployée avec le talon relevé. Sa tête à l’abondante chevelure bouclée, tournée vers la gauche, est surmontée de deux ailerons repliés.
Les traits du visage imberbe sont malheureusement corrodés, la pupille devait être incrustée dans le creux de l’oeil. L’ensemble de la musculature est bien représenté. Le bras gauche, replié, présente une bourse posée dans la main ; le bras droit, le long du corps, tenait sans doute l’habituel caducée.
Dans la Guerre des Gaules, Jules César écrit que « le dieu que les Gaulois honorent le plus est Mercure, ses statues sont les plus nombreuses. Ils le considèrent comme l’inventeur de tous les arts ».
Ce texte explique l’abondance particulière des statuettes de Mercure en Gaule. L’iconographie des statuettes permet de distinguer deux séries bien différenciées selon que le schéma provient d’Italie ou de Grèce. Le Mercure romain est habituellement revêtu d’un manteau ou d’une chlamyde reposant sur le bras et porte généralement sur la tête le pétase, chapeau à large bord, ailé ou non ; la bourse est suspendue par le col. Les modèles grecs en revanche sont représentés
entièrement nus, les ailerons sortent directement de la chevelure et la bourse est posée au creux de la main, en un geste d’offrande.
Cette seconde iconographie est la plus fréquente en Germanie et en Gaule du centre et du nord-est. Les artisans gaulois ont très certainement copié la statue colossale de Mercure érigée dans le sanctuaire arverne au sommet du Puy de Dôme, statue jamais retrouvée mais connue par les récits de Pline l’Ancien. En bronze doré, de taille colossale, cette statue était l’oeuvre du sculpteur grec Zénodore, sans doute à partir de l’Hermès de Polyclète.
Avec ses proportions harmonieuses conformes au canon grec, le Mercure de Turckheim, incontestablement issu d’un atelier gaulois, peut être daté du début du IIe siècle après J.-C.

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