Le Stangenweyer près de Ribeauvillé

Dès sa création en 1853, le Musée Unterlinden choisit d’exposer l’art alsacien et conduisit une politique d’acquisition dynamique en faveur de la production artistique locale.
Parmi ces artistes au talent inégal dont peu ont laissé leur nom à la postérité, David Ortlieb se distingue à la fois par la qualité de ses œuvres et par un attachement profond à sa ville et à sa région natales.
Après un premier apprentissage à Colmar, au sein de l’école de dessin fondée par Jean-Jacques Karpff, Ortlieb s’oriente
vers une carrière d’architecte. Si cet intérêt pour les bâtiments transparaît tout au long de sa vie dans ses vues urbaines et
pittoresques, il se consacre, à partir des années 1820, à la peinture de paysages et sillonne sa ville et les villages alentour à la recherche de sites dignes d’intérêt.
De ces déambulations témoignent un nombre important de dessins préparatoires tracés au crayon ou au lavis d’encre ainsi que de petites peintures à l’huile sur toile ou sur carton consignant les variations de la lumière dans un paysage ou les effets d’ombre sur les feuillages d’un arbre.
Dans cette huile sur toile, Ortlieb représente un paysage fluvial au lieu-dit du Stangenweyer à Ribeauvillé. Le peintre recourt à un procédé de composition assez traditionnel, avec le petit banc de terre au premier plan où poussent quelques roseaux, permettant de creuser la perspective, renforcée par les deux bras d’eau divergents.
Découpant le ciel clair de leurs silhouettes élancées, deux arbres, au pied desquels une frêle maison est installée, occupent le centre de la composition. Si les personnages sont présents dans les œuvres d’Ortlieb, ils n’en sont jamais, comme ici, le sujet principal mais permettent d’animer le paysage.

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