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// L'ENTRE DEUX GUERRES
Les collections d’art moderne permettent une illustration du courant de l’art abstrait des années 1920 à
la Seconde
Guerre
mondiale.
On peut d’abord observer les premiers pas d’une abstraction évidente avec Léger, Brauner et Baumeister.
La Nature
morte bleue et rouge (1938) appartient à la période mécanique de Fernand Léger, liée à la civilisation urbaine et industrielle. La fascination pour la beauté froide de l’assemblage mécanique et l’acceptation de la géométrisation envahissante de la vie moderne nourrissent son œuvre.
Dans les années vingt, Baumeister partage avec plusieurs de ses contemporains, parmi lesquels Fernand Léger et Oskar Schlemmer, le goût pour les compositions mécaniques. Le Personnage vert (1926-1927), où le corps humain est réduit à l’apparence d’une structure géométrique, est caractéristique des recherches que le peintre allemand entreprend au lendemain de
la Première
guerre mondiale. Par la suite, l’artiste prend ses distances avec les compositions architecturées et plonge dans l’informel d’où émergent des signes archaïsants.
Dans les années 1920, les peintres de
la Nouvelle
Objectivité
allemande (Otto Dix, Max Beckmann, George Grosz), dont certains ont connu le traumatisme de
la Première
Guerre
mondiale, rendent compte de la réalité culturelle et sociale de
la République
de Weimar. Ils refusent les avant-gardes expressionnistes et cubistes du début du siècle et se distinguent par leur vision du monde, notamment par l’impitoyable caricature des rapports humains.
Les œuvres d’Alfred Manessier, de Jean Bazaine, Gustave Singier, Maurice Estève et Maria Helena Vieira Da Silva évoquent la richesse du paysagisme abstrait qui s’inscrit dans la modernité tout en se réclamant du cubisme, de Braque et de l’art roman.
Ces artistes créent, au cours de
la
Seconde
Guerre
mondiale, une nouvelle forme d’abstraction prenant largement appui sur l’observation de la réalité qu’ils évoquent ensuite de façon stylisée, au moyen de formes et de couleurs et sans renoncer à la structure. Cette tendance a connu des prémices pendant la guerre et puise largement dans l’œuvre de Roger Bissière et Charles Lapicque.
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