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// L' APRES GUERRE
Deux tendances principales de l’abstraction au XXe siècle sont représentées dans les collections : l’orientation géométrique et l’inspiration lyrique.
L’abstraction géométrique devient une des tendances dominantes de l’après-guerre et s’impose avec le Salon des Réalités Nouvelles (1946-1955) et son chef de file Auguste Herbin. Les œuvres de Kupka et Magnelli au musée illustrent l’épanouissement de ce courant d’inspiration et la rigueur structurel de son style.
A l’opposé de l’abstraction géométrique se développe également un art informel, porté sur l’absence de forme, le rejet de la structure et le recours à la spontanéité. Wols et Georges Mathieu ouvrent la voie mais Hans Hartung et Pierre Soulages marquent cette tendance de propositions décisives. Les tenants de l’abstraction gestuelle (Hantaï, Loubchansky, Bazaine, Bryen…) s’opposent alors fermement aux tenants de l’abstraction géométrique. Ils valorisent les structures organiques et l’engagement physique du peintre dans son travail.
D’autres tendances de l’abstraction révèlent des œuvres à l’inspiration totalement personnelle.
L’œuvre de Bram van Velde, composée de formes triangulaires, de cercles, d’éclats, d’aplats, abandonne toute référence et paraît portée vers le dépouillement.
Serge Poliakoff, artiste russe, naturalisé français en 1962, compte parmi les plus grands de l’abstraction d’après-guerre mais son œuvre n’est comparable à aucune autre. Influencée par le cubisme de Mondrian, sa recherche est celle d’un espace tout en aplats où les couleurs sont nettement délimitées dans un découpage angulaire. Sa Composition murale, 1967, est un véritable mur de peinture qui serait une actuelle réminiscence du polyptique.
Illustrant la persistance du style figuratif dans ces mêmes années, le Buste de femme assise (1960), Le peintre au travail (1964) et
la
Tête
d’homme au chapeau de paille (1971) de Pablo Picasso témoignent de la dernière manière de celui qui a marqué de son génie tout le XXe siècle. Le peintre adopte dans cette ultime étape de sa carrière un style volontairement négligé et spontané, ouvrant la voie à l’esthétique brutale du “mal peint”. Il s’abandonne à une totale liberté de peinture à travers des formes schématiques et résumées par des signes graphiques élémentaires. Figuration libre avant la lettre, sa peinture s’affirme comme une matière vivante et autonome. Toute la vitalité du peintre âgé est condensée dans une impressionnante charge plastique, exubérante et colorée, marquant le retour à "l’enfance de l’art".
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