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GRÜNEWALD
Regards sur un chef-d’œuvre
Exposition d’intérêt national

9 décembre 2007 - 2 mars 2008
Musée Unterlinden, Colmar
Staatliche Kunsthalle, Karlsruhe

Détenteur du célèbre retable des Antonins d’Issenheim, chef-d’œuvre de Grünewald, le musée d’Unterlinden consacre, pour la première fois en France, une exposition à l’œuvre de ce grand peintre de la Renaissance germanique.
Cette manifestation s’inscrit dans la politique du musée privilégiant la recherche et la mise en valeur, en direction du public, de ses remarquables collections de peintures et de sculptures représentatives de l’art des XVe et XVIe siècles, une période durant laquelle le Rhin supérieur a connu un véritable âge d’or.

L’exposition tentera de préciser la chronologie de création du retable d'Issenheim et d’éclairer nos connaissances sur l’identité de Grünewald.
Elle fait suite à l’étude du retable d’Issenheim menée depuis plusieurs années par le Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (C2RMF), et au colloque qui s’est tenu à Colmar en janvier 2006.
Elle sera centrée sur le processus d’élaboration de cet ensemble monumental qu’est le retable, grâce à un partenariat avec le Kupferstichkabinett de Berlin où est conservé l’essentiel de l’œuvre graphique de Grünewald.


// GRÜNEWALD ET SES CONTEMPORAINS

Aux dessins préparatoires relatifs au retable seront confrontés des dessins d’autres artistes germaniques de la fin du XVe et du début du XVIe siècle, ce qui permettra de mieux cerner l’originalité de Grünewald face à ses aînés et à ses contemporains.

Hans Holbein l’Ancien (vers 1465-1524), Albrecht Dürer (1471-1528), Lucas Cranach (1472-1553), Albrecht Altdorfer (1480-1538), Hans Baldung Grien (vers 1484-1545), Maître I.P., Maître H.L. participent au rayonnement artistique du sud de l’Allemagne. Leur manière de dessiner et de sculpter est révélatrice du courant réaliste qui se développe à l’aube du XVIe siècle.

Différents thèmes seront abordés au sein de cette exposition:

Le traitement des scènes religieuses
Vers 1510-1520, la manière de représenter les scènes religieuses telles que les épisodes de la Passion et l’iconographie mariale évolue. La comparaison des œuvres de Grünewald avec celles de ses contemporains, dessinateurs ou sculpteurs, révèle son originalité tout en montrant le souci d’expressivité de ces artistes du début du XVIe siècle.

Le naturalisme et l'expressivité
Les personnages gagnent en réalisme : leurs visages sont plus expressifs et reflètent leur sentiment intérieur, le modelé des corps est mieux dessiné. Les artistes se montrent plus attentifs à l’anatomie : on ne manquera pas de remarquer les études de Grünewald pour le saint Sébastien du retable, les études de mains et de bras de Dürer, ou les visages implorants de Marie-Madeleine et ceux, graves, des ermites.


La place du paysage dans l'élaboration graphique des œuvres
Les artistes se livrent de plus en plus à des d’études d’arbres et de végétation. Dans La Rencontre de saint Antoine et de saint Paul du retable d’Issenheim, comme dans certains dessins d’Altdorfer, les personnages se fondent véritablement dans la nature luxuriante qui les entoure.

Les études de draperie
Les draperies offrent aux artistes l’occasion de montrer leur virtuosité. On assiste à un meilleur rendu des différentes étoffes : certaines femmes sont vêtues d’un tissu plissé très fluide ; d’autres, comme La Vierge de la Nativité du retable d’Issenheim, portent une lourde robe dont les drapés s’avèrent étrangement proches de ceux de Léonard de Vinci…

// ÉTUDES TECHNIQUES DU RETABLE

Quelques-uns des documents réalisés par le C2RMF (radiographies, réflectographies infrarouge, coupes stratigraphiques de la couche picturale), résultat d’analyse des panneaux du retable d'Issenheim, complèteront l’enquête sur cet ensemble prestigieux et permettront ainsi d’éclairer son processus de création.