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// QUELQUES SPÉCIFICITÉS DU MUSÉE
LE CLAVECIN RÜCKERS
Anvers, 1624
Ce clavecin, pièce exceptionnelle acquise par le musée d’Unterlinden en 1980, fut construit en 1624 à Anvers par Ioannes Rückers (1578-1642), fils aîné de Hans Rückers.
Instrument à deux claviers transpositaires, c’est à dire décalés l’un par rapport à l’autre d’une « quarte », il comportait à l’origine un jeu de
8 pieds
et un autre de
4 pieds
.
Il fut transféré vers 1660 en France et a subi deux modifications essentielles au niveau de sa structure, d’une part, avec l’alignement des deux claviers et de sa décoration, d’autre part. Un nouveau piétement de style Louis XIV fut construit et un couvercle représentant l’affrontement musical de Pan (flûte) et d’Apollon (lyre) arbitré par le roi Midas fut peint.
Propriété de la famille de Sade, le clavecin orna les salons du château de Condé-en-Brie dans l’Aisne (où il est cité dans les inventaires dès le XVIIIe siècle) jusqu’au moment de son acquisition par le musée d’Unterlinden en 1980, après une restauration exemplaire réalisée dans les ateliers parisiens des Tempéraments Inégaux, sous la direction de Christopher Clarke.
Élégant et sobre dans sa présentation, à la mécanique sensible et précise, aux sonorités somptueuses, cet instrument constitue actuellement l’une des références, tant pour les clavecinistes que pour les facteurs instrumentaux et suscite régulièrement des enregistrements.
LA PEINTURE SOUS VERRE
La peinture sous verre consiste à appliquer un décor peint ou de feuilles d'or ou d'argent directement au verso d’une plaque de verre qui lui sert de support et de protection. Le travail avec le verre, matériau fort coûteux jusqu'au XVIIIe, nécessitait une virtuosité exceptionnelle, menant à un résultat incomparable: aucun vernis en peinture ne pouvant rivaliser avec l’éclat du verre, comme en témoignent les œuvres de Niklaus Michad Spengler (1700-1776) et de son école, Chasse à l’Ours (1727), Chasse aux crocodiles (première moitié du XVIIIe) ou encore
la
Guérison
de Tobit (avant 1753) de Franz Nicolas Haldenwanger (1680-1753).
En Alsace, cette technique semble avoir été introduite au XVIIIe siècle, par des membres de l’École de Sursee, (Suisse) et connait dés lors un succés considérable. Une production massive se développa à la fin du XVIIIe siècle, alors que la vitre devenait un produit courant et peu onéreux. La noblesse et la bourgeoisie cessèrent alors de s’y intéresser et cette technique séduisit désormais les milieux populaires : d’innombrables petits tableaux représentant le Christ et des figures de saints, souvent invoqués pour leurs vertus protectrices, ou encore des scènes de genre se répandirent dans toute l'Alsace.
Après la fin de l’Empire (1815), aux côtés des sujets religieux traditionnels, un atelier colmarien célèbre, celui des Winterhalden originaires de la forêt noire produit des peintures sous verre à sujets profanes où dominent des figures politiques ou des portraits féminins allégoriques.
LES ARMES
Bien que le musée d’Unterlinden n’ait pas vocation à être un musée militaire, il a abrité dès l’origine les souvenirs de caractère historique liés à Colmar et sa région. Il a ainsi hérité d’objets provenant de saisies faites sous la Révolution dont en particulier des collections d’armes provenant de châteaux féodaux alsaciens (le château de Ribeaupierre à Ribeauvillé).
L'arrivée en 1879 d’Edmond Fleischhauer (1812-1896) à la tête de la Société Schongauer va être déterminante pour la mise en valeur de la collection d’armes. Créant au musée d’Unterlinden de nouvelles salles, il en consacrera l’une d’elle non plus seulement aux armes en provenance de Ribeauvillé, mais également aux alentours de la ville, auxquelles s’ajoutèrent des achats et dons divers. Inlassable collectionneur, Edmond Fleischhauer rassembla, pour son compte personnel, des meubles anciens, des peintures, des sculptures, mais aussi et surtout des armes anciennes. Son catalogue rédigé sur plus de 20 ans compte près de 850 pièces toutes catégories confondues. C’est en léguant sa collection au musée d’Unterlinden en 1896, qu’il va apporter la contribution majeure et définitive à l’ensemble des armes déjà acquises.
L’association des armes anciennes du collectionneur d’une part, de celles que détenait déjà le musée (armes saisie à la Révolution) d’autre part, et enfin les dons et achats complémentaires de la Société Schongauer et de ses membres, a permis de constituer ce qui forme aujourd’hui en Alsace l’une des plus importantes collections d’armes, tant de chasse, d'apparat, que de guerre, s’étageant de la période médiévale au XIXe siècle.
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