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//Pendule dite « à la négresse », France,
début du XIXe siècle
Colmar, musée d'Unterlinden.
Photo : O. Zimmermann.


// LA COLLECTION DES ARTS DÉCORATIFS

La section des arts décoratifs est remarquable par sa diversité: de belles pièces de mobilier du XVIIe et XVIIIe siècle côtoient notamment un ensemble de faïences et de porcelaines des manufactures de l’Est de la France du XVIIIe et XIXe siècle et des trésors d’orfèvrerie profane et religieuse.

ÉTAINS ALSACIENS
La vitrine centrale présente des objets prestigieux et de corporations (gourdes, pichets, gobelets), essentiellement alsaciens des XVIIe et XVIIIe siècles.
A côté sont présentés des objets destinés au culte protestant, des pièces d’orfèvrerie d’étain des villes de Colmar, Mulhouse, Ribeauvillé et Strasbourg, la vaisselle d’étain inspirée de l’argenterie des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles et enfin une série de pichets liés à l’importance de la culture de la vigne provenant de Colmar, Mulhouse et Ribeauvillé.

ORFÈVRERIE
Le trésor des Trois-Épis
L’ensemble exceptionnel de pièces qui compose le trésor des Trois-Épis constitue le noyau de la collection d’orfèvrerie. Ces objets de la période de la Renaissance , par leur décor et leur forme illustrent plusieurs centres réputés pour la qualité de leur production : Augsbourg, Nuremberg, Strasbourg, Kaysersberg, Bâle, Fribourg-en-Brisgau et, bien sûr, Colmar.

L’orfèvrerie strasbourgeoise est notamment représentée par un hanap au motif d’algues tout à fait original.
Le trésor comprend aussi un hanap en vermeil exceptionnel par sa qualité, exécuté par le maître colmarien Johannes Kemser (cité en 1622); il témoigne de l’habileté et du savoir-faire des orfèvres colmariens, capables de rivaliser avec les grands centres d’orfèvrerie d’Augsbourg et de Nuremberg.
La découverte du trésor
Le trésor composé de pièces d'orfèvrerie, de bijoux et de monnaies fut découvert dans un chaudron en 1864, lors de travaux de nivellement de la place devant la chapelle des Trois-Épis. Au moment de la guerre de Trente ans, le chapelain de Notre-Dame des Trois-Épis, soucieux de préserver du pillage les objets précieux donnés en ex-voto par les pèlerins, les enferma dans un chaudron, avant de les enfouir.


LA CÉRAMIQUE
Cette collection réserve une place importante aux créations de l'Est de la France : la manufacture strasbourgeoise des Hannong, celle de Lunéville et aussi celle de Niderviller qui fut l'une des plus prestigieuses d'Europe au XVIIIe siècle. La famille de céramistes alsaciens, les Hanstett de Hagueneau et de Colmar, est présente avec des modèles d'impression sur faïence de la manufacture colmarienne au tout début du XIXe. Enfin, la collection de céramique de Théodore Deck, qui a renouvelé l’art de la céramique au XIXe siècle, innove dans la création d’une large gamme de techniques nouvelles, où une nuance turquoise éclatante adoptée sous le nom de Bleu Deck a retenu l’attention des amateurs.

LE MOBILIER
L’apogée de l’ébénisterie alsacienne se situe au moment de la Renaissance. Dès le XVIe siècle, l’art du meuble est sévèrement réglementé, le chef-d’œuvre étant l’armoire à deux corps dont le montage suit les lois de l’architecture édictées par Vitruve et dont les proportions monumentales sont parfaitement définies. L’armoire originaire du château des comtes de Ribeaupierre (début du XVIIe siècle) matérialise cette référence à l’architecture de la Renaissance. L’armoire à sept colonnes marque la seconde renaissance du meuble et le musée d’Unterlinden en possède plusieurs exemplaires représentatifs, évocation du rayonnement des ateliers colmariens.
La superbe porte en marqueterie provenant de l’ancienne chancellerie de Colmar se rapproche des modèles italiens avec ses panneaux conçus comme des tableaux indépendants.

LA VERRERIE
Cette collection présente l'évolution de la verrerie du XVe au XXe siècle, avec notamment des verres à décors appliqués, Stangenglas (fin XVe - début XVIe siècle), Römer(XVIIe), verre à vin spécifique de la vallée rhénane, des verres à décors gravés à la roue (XVIIe - XVIIIe siècles), des verres émaillés gobelets, flacons Humpen (XVIIIe siècle), les créations de l'Ecole de Nancy alliant qualités esthétiques et prouesses techniques avec des pièces d'Émile Gallé ou des frères Daume. Enfin, la présentation des pièces de Maurice Marinot, référence de toute la création verrière au XXe siècle.